Les musiciens s’invitent au cinéma

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Le Cinéma donne un ticket d’entrée à certains artistes de musique

Il existe un lien étroit entre l’univers du cinéma et celui de la musique. De nombreux artistes ont tenté, tant bien que mal, de passer de l’un à l’autre. Seule une poignée d’entre eux ont réussi à se révéler devant la caméra.

Coffee and cigarettes, tom waits and iggy pop having a coffee

Je ne vois pas l’intérêt de vous présenter des films, qui ne sont là que pour flatter l’égo et assurer un buzz marketing autour de certains artistes. Je ne donne pas forcément de crédit à ce genre de prestation, l’apparition tenant plus du clin d’œil que d’une réelle interprétation d’acteur.
Je me focaliserai donc sur ceux qui ont réussi ou plutôt sur ceux que j’estime avoir réussi dans le passage de musicien à celui d’acteur. C’est totalement subjectif mais c’est assumé. Vous trouverez peut-être mes recommandations justifiées après avoir vu ces films ou extraits.
Bien évidement la liste n’est pas exhaustive.

Je commence donc avec Flea. Je le cite plus pour la multitude de seconds rôles qu’il a joué plutôt que pour une prestation notable. Il a généralement joué des rôles collant à sa personnalité ou à l’image collective que l’on veut bien lui donner. Le bassiste des Red Hot Chili Peppers a joué dans pas mal de bons films et bizarrement, sur scène comme à la vie, il interprète des rôles étranges et/ou barrés. C’est le cas dans Las Vegas Parano, où il joue un barge accro au LSD, dans The Big Lebowski, un nihiliste et dans Retour vers le Futur, un loubar de la bande du futur de Tannen.

Plus qu’une simple envie, c’est aussi une véritable vocation pour d’autres. Certains musiciens ont réussi la transition entre les deux milieux. Ils ont commencé par des petites apparitions, et au fil du temps, ont montré un réel talent pour finir par décrocher un vrai second ou premier rôle.

C’est le cas notamment de :

David Bowie :
Cet artiste énigmatique aux multiples facettes a étudié le théâtre dans sa jeunesse. Les rôles qu’il a pu tenir sont donc aussi divers que variés, de l’employé de restaurant dans The Linguini Incident (1991) à l’agent du FBI du Twin Peaks: Fire Walk with Me (1991) de David Lynch. Le rôle mineur mais décisif pour sa carrière fut celui de l’artiste Andy Warhol dans le film biographique sur l’avant-gardiste Basquiat en 1996.

Tom Waits : Une voix, une gueule, un style!
Il a notamment joué dans Short Cuts de Robert Altman, Dracula de Francis Ford Coppola, Down by Law de Jim Jarmusch, L’Imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam et Le Livre d’Eli d’Albert et Allen Hughes. Rien que ça!

Mos Def :
On le connaissait pour son flow, mais il a un réel talent d’acteur; très expressif. Il forme un très bon duo comique avec Jack Black dans Be Kind, Rewind, et montre toute l’étendue de son talent dans H2G2 : Le Guide du voyageur galactique.

Eddy Mitchell / Johnny Hallyday : Des gueules avant tout !
Etant donné qu’ils nous en manquent dans le paysage français, ça ne fait pas de mal de les voir; surtout qu’ils s’en sortent très bien. Après avoir commencé par de brèves apparitions, ils ont obtenu des rôles de plus en plus importants, jusqu’à décrocher des premiers rôles et être nominés pour diverses récompenses. Ils finissent même par se partager l’affiche de Salaud, on t’aime.

johnny hallyday and eddy mitchell in salaud on t'aime
Eddy Mitchell & Johnny Hallyday – Salaud, on t’aime (We Love You, You Bastard)

Pour finir en apothéose, j’accorde une mention spéciale pour les films suivants : Coffee and Cigarettes et J’ai toujours rêvé d’être un gangster. Le premier est une réalisation américaine et le second, française mais ils ont pour similitude le traitement de l’image en Noir et Blanc et la présence d’un sacré casting.

Dans Coffee and cigarettes, on retrouve notre bon vieux Tom Waits entrain de partager un café avec Iggy Pop. Il en va de même avec Meg et Jack White des White Stripes et les leaders du Wu-Tang : Rza et GZA.

Dans J’ai toujours rêvé d’être un gangster on peut entrevoir une discussion magique, dans une station service, entre deux monstres sacrés de la chanson francophone Alain Bashung et Arno !

Alain Bashung & Arno - J’ai toujours rêvé d’être un gangster (I always wanted to be a gangster)
Alain Bashung & Arno – J’ai toujours rêvé d’être un gangster (I always wanted to be a gangster)

Ces films valent vraiment le coup d’œil et nous démontrent encore une fois que certains musiciens peuvent s’attribuer le statut d’Artiste avec un grand A. Du chanteur au joueur d’instrument, de la scène (concert et théâtre) au cinéma, ils jouent avec la complexité de leurs personnalités et nous montrent l’étendue de leurs talents !

Bon visionnage. N’oubliez pas le Pop-corn !